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SEPT MAITRES FRANCS-MAÇONS |
VII |
Nous voudrions parler au sujet des actes de terreur et de mort survenus récemment dans notre pays, faits commis par les mêmes forces ténébreuses qui ont attenté quelques jours plus tôt contre nos frères des Vallées d’Istanbul. La Loge est un modèle du Cosmos non seulement dans sa solennité mais aussi dans ses convulsions, l’une et les autres sont donc reflétées dans le Tableau, et bien que la fonction de notre Atelier soit éminemment doctrinale, en ce moment notre tâche est d’observer les signes des temps dans le devenir cyclique dont nous sommes témoins et d’en pénétrer le sens. La Loge est un organisme vivant et pas une tour d’ivoire ; mais il n’incombe pas à notre Atelier d’études d’agir dans le domaine social –sauf si cela devient nécessaire en raison de circonstances exceptionnelles– sinon de persévérer dans le travail doctrinal qui lui est propre, tâche que personne ne peut effectuer à notre place. Toute action sociale sera forcément secondaire par rapport à notre travail opératif ésotérique. La violence islamique reflète de façon particulièrement manifeste les attributs ténébreux des forces dissolutives de la fin de cycle. Cette violence est alimentée par des milieux fanatiques où la tradition islamique est falsifiée et renversée, et qui ont pénétré la civilisation occidentale par les brèches ouvertes par les tendances contre-traditionnelles qui y ont opéré au cours des dernières phases du Kali Yuga. Cette falsification de l’Islam, terriblement corrosive et qui projette avec force son pouvoir dissolutif, présente les attaques du terrorisme islamique contre les pays occidentaux comme un djihad répondant à de soi-disant nouveaux épisodes des Croisades, proposant une lecture complètement inversée du symbole de la guerre sainte, alors qu’en réalité cette violence n’est que l’expression d’énergies dissolvantes supplémentaires venant s’ajouter à celles qui ont opéré en Occident tout au long de sa dernière époque dans le but d’accélérer la fin de notre civilisation. L’inversion de la Tradition est partout répandue, et si elle prend l’apparence d’une lutte entre deux camps c’est en raison de sa nature propre qui, en l’absence de principe supérieur ordonnateur, englobe chaotiquement toutes les oppositions sans aucune conciliation. Notre frère René Guénon, dans son volume Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, écrit à ce propos : « les représentants de la “contre-initiation”, en agissant ainsi, ont l’illusion de s’opposer à l’esprit même, auquel rien ne peut s’opposer en réalité; mais en même temps, malgré eux et à leur insu, ils lui sont pourtant subordonnés en fait et ne peuvent jamais cesser de l’être, de même que tout ce qui existe est, fût-ce inconsciemment et involontairement, soumis à la volonté divine, à laquelle rien ne saurait se soustraire. ils sont donc, eux aussi, utilisés en définitive, quoique contre leur gré, et bien qu’ils puissent même penser tout le contraire, à la réalisation du “plan divin dans le domaine humain” » (Chapitre XXXVIII). Saint Paul disait que « la création tout entière gémit jusqu’à présent et souffre des douleurs de l’enfantement ». Le cycle va vers « l’abomination de la désolation » annoncée pour la fin des temps ; mais après le règne passager de la contre-tradition, « il ne peut plus y avoir, pour parvenir au moment ultime du cycle actuel, que le “redressement” qui, remettant soudain toutes choses à leur place normale alors même que la subversion semblait complète, préparera immédiatement l’ “âge d’or” du cycle futur. » (Ibid., Chapitre XXXIX). Il nous incombe d’actualiser cette possibilité de régénération cosmique, de la vivifier ici et maintenant, dans l’arche symbolique de la Loge, tandis que nous scrutons les signes des temps au soleil de la doctrine et que nous diffusons la Lumière. |
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