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SEPT MAITRES FRANCS-MAÇONS |
VIII |
Il y a des signes de plus en plus évidents que ce que la doctrine traditionnelle des cycles désigne sous le nom de « fin des temps » a déjà commencé. Ce qui ne laisse pas de nous émouvoir, malgré que cela ait été annoncé, décrit et, dans une certaine mesure, attendu. Comment pouvons-nous nous préparer aux événements qui vont se succéder ? Nous croyons qu’en tant que maçons nous devons avant tout nous considérer comme des hommes et des femmes de chance, et non parce que nous allons échapper de quelque manière que ce soit à la cruauté des événements, sinon parce que nous avons reçu en héritage les instruments pour pouvoir lire à travers eux. Nous savons que, après une période de confusion, la Vérité prévaudra et que, selon les mots de notre frère René Guénon, « la ‘fin d’un monde’ n’est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d’une illusion ». (Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps. Chapitre XL). Chacun de nous a eu au cours de son cheminement l’opportunité de vérifier que c’est précisément « lorsque tout semble perdu que tout est sauvé », et nous ne doutons pas que cela est aussi valable au niveau cosmique. Nous avons également la certitude, car nous l’avons vécu, que c’est dans les moments difficiles qu’il faut « redoubler d’efforts », et les travaux en notre Respectable Loge doivent donc, ainsi qu’il en est, toujours viser le plus élevé, nous conforter dans la doctrine, nous pénétrer de métaphysique afin que nous puissions « continuer au-dehors l’œuvre commencée dans le temple ». L’on n’entend pas de voix dans le monde qui nomme la réalité qualitative de ces événements et, par conséquent, cela sera notre tâche, que nous réaliserons avec toute la rigueur, mais aussi toute la prudence, nécessaires. Il est également évident que l’énergie contre-traditionnelle s’exprime dès à présent à travers le fondamentalisme islamique. Il y a des signes sans équivoque de l’inversion que cela représente, aussi bien ponctuellement lors de leurs actes terribles et leurs communiqués que plus particulièrement dans le labeur souterrain de subversion doctrinale qui a été entrepris depuis longtemps. Qui est l’ennemi est donc très clair, ainsi que c’est surtout la verticalité de nos travaux qui nous rendra forts face à lui. Mais il est aussi intéressant de voir comment cette métapolitique s’exprime sur l’horizontalité des diverses stratégies politiques. C’est dans ce domaine que nous apprécions, ce qui ne pourrait pas être autrement vu l’état de dégénération propre à la dernière étape du Kali Yuga, la confusion régnante. Notre pays a vécu ces derniers jours un état de convulsion sociale et politique qui a mis en évidence la faiblesse du système tout entier, et nous avons assisté à des précipitations dans tous les sens du terme. J’ai pu moi-même sentir ces va-et-vient et, d’une certaine manière, ai tenté de prendre position devant les différentes options qui m’étaient présentées, procédant non pas par l’identification avec aucune d’entre elles sinon par élimination de celles qui me semblaient les plus erronées. Au niveau de l’état, la ligne de conduite qui finit par fomenter les nationalismes à force de plaider pour un centralisme uniformisateur m’a semblé contre-productive. Et à niveau international, il m’a également paru que c’était une erreur de s’allier aux forces qui, d’un côté, s’opposent de façon plus directe à ce fondamentalisme islamique, mais qui au bout du compte semblent le nourrir. Cela ne signifie pas non plus qu’il faille soutenir des postures de tolérance et d’ingénuité. En définitive, lorsque nous nous trouvons sur le plan horizontal, dans le domaine de ce qui est dual et donc changeant, il est difficile de visualiser quelle est la meilleure stratégie. Quoiqu’il en soit, cette stratégie ne coïncidera que ponctuellement avec celle de certains partis dont les intérêts, dans le meilleur des cas, ne dépassent pas l’aspect économique. C’est pour cela que j’en appelle à l’Intelligence, qui se manifeste également à travers la Lumière des frères, et j’en appelle aussi à la prudence, à plus forte raison lorsque les textes sacrés nous disent qu’à la fin des temps même les élus, si ce n’était la Grâce, seraient confondus. Invoquons donc cette Grâce, travaillons, veillons. |
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